Aimé Césaire, un Nègre fondamental
« N’allez pas le répéter, mais le Nègre vous emmerde ! » En dépit des années, le verbe d’Aimé Césaire a gardé toute sa verdeur. Celle-là même qui valut à l’enfant de Basse-Pointe d’être salué par André Breton comme « un grand poète noir », et qui donne à son Discours sur le colonialisme, paru en 1955, la vigueur d’un pamphlet. S’il est aujourd’hui presque aveugle, si sa mémoire lui fait parfois faux bond et si sa surdité nécessite qu’on lui crie les questions dans le creux de l’oreille, l’ancien maire de Fort-de-France demeure, à 94 ans, la grande conscience martiniquaise – le chantre incontesté de cette « négritude », dont il fut l’inventeur. Lui consacrer un numéro d’Empreintes s’imposait d’autant plus que les archives audiovisuelles le concernant sont rares.
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